ï»żJoffre ma vie pour l’Eglise et le salut du monde, Je me consacre Ă  l’adoration eucharistique et Ă  l’évangĂ©lisation des peuples Je m’engage Ă  vivre en communautĂ© fraternelle et fais vƓux pour toujours de pauvretĂ©, d’obĂ©issance et de chastetĂ© Je demande la grĂące d’ĂȘtre fidĂšle jusqu’à la mort » Dans la fraternitĂ© de Clichy sous Bois ParPaul Calzada. Ecoutez. “Sois fidĂšle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.”. Apocalypse 2.10. Alexamenos Ă©tait un soldat romain, chrĂ©tien, vivant Ă  Rome au deuxiĂšme siĂšcle aprĂšs J.C. Une caricature reprĂ©sente Alexamenos au pied d'une croix, sur laquelle le crucifiĂ© a une tĂȘte d'Ăąne. Une lĂ©gende moqueuse DĂ©semparĂ©eface Ă  la vie, une sexagĂ©naire a voulu rĂ©cemment mettre fin Ă  ses jours Ă  l'aide d'une arme Ă  feu. Seulement, c’était sans compter sur son chien, qui en se jet RestituonsĂ  la Messe son vrai et son plus beau nom : la Messe est le sacrifice du Christ perpĂ©tuĂ©, le Saint-Sacrifice. La Messe est le MĂ©morial de la Croix, c’est-Ă -dire qu’elle est rĂ©ellement la reprĂ©sentation et le renouvellement du Sacrifice du Calvaire par lequel notre RĂ©dempteur nous acquit dĂ©finitivement le salut. pluspenser qu'Ă  la vie ! Et c'est justement la vie qui chaque jour ramĂšne Ă  la mort ! DĂšs le matin, en ouvrant son journal, criminelle, accidentelle, naturelle ou sĂ©nile, la mort s'Ă©tale sous nos yeux. On sort alors pour se rendre Ă  ses affaires, pour se laisser entiĂšrement absorber par les choses de la vie, et, dans la rue, on croise Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd Nợ Xáș„u. Mon commandant, mon ancien,Ils sont lĂ , ils sont tous prĂ©sents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliĂ©s de l’histoire ou cĂ©lĂšbres, croyants, agnostiques ou incroyants, souffrant ou en pleine santĂ©, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous prĂ©sents, si ce n’est pas avec leur corps, c’est par leur coeur ou par leur Ăąme ! Tous ceux qui, un jour, ont croisĂ© votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutĂŽt de votre incroyable destinĂ©e, sont regroupĂ©s autour de vous les lycĂ©ens de Bordeaux, les rĂ©sistants du rĂ©seau Jade-Amicol, les dĂ©portĂ©s du camp de Langenstein, vos frĂšres d’armes, vos lĂ©gionnaires que vous avez menĂ©s au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indiffĂ©rence du pays, les enfants de Talung que vous avez dĂ» laisser derriĂšre vous, les harkis abandonnĂ©s puis livrĂ©s aux mains du FLN ! Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagĂ© vos joies et vos Ă©preuves ; il faut ajouter Ă  cette longue liste, les jeunes gĂ©nĂ©rations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’AlgĂ©rie, mais qui ont dĂ©vorĂ© vos livres, qui vous ont Ă©coutĂ© et que vous avez marquĂ©s profondĂ©ment ! Cette liste ne serait pas complĂšte, si n’était pas Ă©voquĂ©e la longue cohorte des prisonniers, des dĂ©chus, des petits et des sans-grades, les inconnus de l’histoire et des mĂ©dias, ceux que vous avez croisĂ©s, Ă©coutĂ©s, respectĂ©s, dĂ©fendus, compris et aimĂ©s et dont vous avez Ă©tĂ© l’avocat. Eux tous s’adressent Ă  vous aujourd’hui, Ă  travers ces quelques mots et, comme nous en Ă©tions convenus la derniĂšre fois que nous nous sommes vus et embrassĂ©s chez vous, je ne servirai que d’interprĂšte, Ă  la fois fidĂšle, concis et surtout HĂ©lie, notre compagnon fidĂšle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystĂšres ; vous laissez chacun de nous, Ă  la fois heureux et fier de vous avoir rencontrĂ©, mais triste et orphelin de devoir vous quitter. Vous laissez surtout chacun de nous, seul face Ă  sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hantĂ© votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnĂȘte homme, qui se veut Ă  la fois homme d’action et de rĂ©flexion, et qui cherche inlassablement Ă  donner un sens Ă  son geste !Parmi tous ces mystĂšres, l’un d’eux ne vous a jamais quittĂ©. Il a mĂȘme scandĂ© votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort. Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, Ă©crire, prĂ©dire ou reprendre Ă  son compte ce poĂšme d’Alan Seeger, cet AmĂ©ricain, Ă  la fois lĂ©gionnaire et poĂšte, disparu Ă  20 ans dans la tourmente de 1916 j’ai rendez-vous avec la mort » ?C’est Ă  10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade, votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette Ă©preuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant Tu vois HĂ©lie, la vie est ainsi faite comme un tricot il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrĂȘter, de ne jamais rien lĂącher ! » Cette leçon d’humanitĂ© vous servira et vous sauvera quelques annĂ©es plus tard en camp de concentration. Votre pĂšre, cet homme juste, droit et indĂ©pendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, Ă  saluer poliment les passants, marquĂ©s de l’étoile jaune, participera aussi Ă  votre Ă©ducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idĂ©al, votre Ă©toile personnelle’’ Ă  un homme, aussi grand fĂ»t-il ! De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les alĂ©as de la vie ne vont pourtant pas mĂ©nager ; c’est bien lĂ  votre premier mystĂšre d’une Ă©ducation rigoureuse, fondĂ©e sur des rĂšgles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre Ă  relativiser, dĂšs lors qu’elles sont confrontĂ©es Ă  la rĂ©alitĂ© !Puis, Ă  20 ans, vous aurez votre deuxiĂšme rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vĂȘtu d’un mĂ©chant pyjama rayĂ©, dans le camp de Langenstein. Deux ans de dĂ©portation mineront votre santĂ© et votre survie se jouera Ă  quelques jours prĂšs, grĂące Ă  la libĂ©ration du camp par les AmĂ©ricains. Mais votresurvie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des mĂ©dicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider Ă  supporter des conditions de vie et de travail inhumaines. En revanche, vous refuserez toujours de participer Ă  toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis Ă  l’abri du dĂ©nuement dans lequel vous avez vĂ©cu. Vous y connaitrez aussi la fraternitĂ© avec ses diffĂ©rentes facettes d’un cĂŽtĂ©, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dĂ©pit de l’extrĂȘme pĂ©nurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgrĂ© la fatigue, mais de l’autre, les rivalitĂ©s entre les petites fraternitĂ©s qui se crĂ©aient, les cercles, les rĂ©seaux d’influence, les mouvements politiques ou les nationalitĂ©s
. MystĂšre, ou plutĂŽt misĂšre, de l’homme confrontĂ© Ă  un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses rĂ©fĂ©rences intellectuelles, humaines et morales !Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort Ă  30 ans, cette fois, Ă  l’autre bout du monde, en Indochine. Vous Ă©tiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagĂ© jusqu’à l’extrĂȘme limite de ses forces, comme sentinelles avancĂ©es du monde libre face Ă  l’avancĂ©e de la menace communiste. D’abord Ă  Talung, petit village Ă  la frontiĂšre de Chine, dont vous avez gardĂ© pieusement une photo aĂ©rienne dans votre bureau de Lyon. Si les combats que vous y avez menĂ© n’eurent pas de dimension stratĂ©gique, ils vous marquĂšrent profondĂ©ment et dĂ©finitivement par leur fin tragique contraint d’abandonner la Haute rĂ©gion, vous avez dĂ» le faire Ă  Talung, sans prĂ©avis, ni mĂ©nagement ; ainsi, vous et vos lĂ©gionnaires, quittĂšrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte ! Cette interrogation, de l’ordre que l’on exĂ©cute en dĂ©saccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours ! Plus tard, Ă  la tĂȘte de votre Compagnie du 2° Bataillon Ă©tranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI Nhia Lo, la RiviĂšre Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres. Au cours de ces combats, Ă  l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aĂźnĂ©s, vous vous sentiez invulnĂ©rables ; peut-ĂȘtre mĂȘme, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort Ă©tait votre plus proche compagne une balle qui vous effleure Ă  quelques centimĂštres du coeur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas ĂȘtre mortellement touchĂ© ; Amilakvari et Brunet de SairignĂ© vous avaient montrĂ© le chemin, SegrĂ©tain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jeanpierre, ViolĂšs, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quittĂ© en chemin. Parmi cette litanie, on ne peut oublier, votre fidĂšle adjudant d’unitĂ©, l’adjudant Bonnin, qui vous a marquĂ© Ă  tel point, que, plus tard, vous veillerez Ă  Ă©voquer sa personnalitĂ© et sa mĂ©moire durant toutes vos confĂ©rences ! Et avec lui, se joignent tous vos lĂ©gionnaires, qui ont servi honnĂȘtes et fidĂšles, qui sont morts, dans l’anonymat mais face Ă  l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble priĂšre. Tel est le mystĂšre de la mort au combat, qui au mĂȘme moment frappe un compagnon Ă  vos cĂŽtĂ©s et vous Ă©pargne, pour quelques centimĂštres ou une fraction de seconde !10 ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossĂ© du Fort d’Ivry. En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre Ă©tabli et en y entraĂźnant derriĂšre vous une unitĂ© d’élite de lĂ©gionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidĂ©litĂ©. Or retourner son arme contre les autoritĂ©s de son propre pays reste un acte trĂšs grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera rendu - 10 ans de rĂ©clusion pour vous et le sursis pour vos capitaines - montre qu’en dĂ©pit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dĂ©pit des tribunaux d’exception et en dĂ©pit de la rapiditĂ© du jugement, les circonstances attĂ©nuantes vous ont Ă©tĂ© reconnues. Elles vous seront aussi Ă©tĂ© reconnues 5 ans aprĂšs, quand vous serez libĂ©rĂ© de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques annĂ©es plus tard quand vous serez rĂ©habilitĂ© dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les mĂ©dias Ă  travers le succĂšs Ă©blouissant de vos livres, celui de vos nombreuses confĂ©rences et par votre tĂ©moignage d’homme d’honneur. Ces circonstances attĂ©nuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le PrĂ©sident de la RĂ©publique en personne vous Ă©lĂšvera Ă  la plus haute distinction de l’Ordre de la LĂ©gion d’Honneur ; au cours de cette cĂ©rĂ©monie Ă©mouvante, qui eut lieu dans le PanthĂ©ondes soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armĂ©es reprĂ©sentait le pardon du pays Ă  l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la RĂ©publique pour avoir tant exigĂ© de ses soldats Ă  l’époque de l’AlgĂ©rie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystĂšre, fera le reste de la cĂ©rĂ©monie !
.Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, Ă  la fois fou et rĂ©flĂ©chi, de tout sacrifier dans un acte de dĂ©sespoir pour sauver son honneur ! Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi prĂ©servĂ© leur honneur en faisant le choix de la discipline. Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragĂ©die algĂ©rienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient Ă  l’un de vos contemporains, le gĂ©nĂ©ral de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procĂšs qui suivirent, dĂ©clara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal Choisissant la discipline, j’ai Ă©galement choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon
 Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont rĂ©voltĂ©s contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nĂŽtre » !Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne aprĂšs tant de drames vĂ©cus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici mĂȘme Ă  Lyon, vous ĂȘtes agressĂ© un soir dans la rue par deux individus masquĂ©s, dont l’un vous crie, une fois que vous ĂȘtes Ă  terre Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! » Cette agression survenait aprĂšs l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un Ă©lectrochoc et vous dĂ©cidera alors Ă  tĂ©moigner de ce que vous avez vu et vĂ©cu Ă  la pointe de tous les drames qui ont agitĂ© la France au cours du XXĂšme siĂšcle. Ainsi, au moment oĂč vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carriĂšre d’écrivain et de confĂ©rencier. Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la sociĂ©tĂ© française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre ! Toujours ce mystĂšre de la vie et de la mort ! Au-delĂ  des faits et des drames que vous Ă©voquerez avec autant d’humilitĂ© que de pudeur, vous expliquerez les grandeurs et les servitudes du mĂ©tier des armes et plus largement de celles de tout homme. A l’égard de ceux qui ont vĂ©cu les mĂȘmes guerres, vous apporterez un tĂ©moignage simple, vrai, poignant et dĂ©passionnĂ© pour expliquer les drames vĂ©cus par les soldats, qui, dans leur prĂ©rogative exorbitante de gardien des armes de la citĂ© et de la force du pays, sont en permanence confrontĂ©s aux impĂ©ratifs des ordres reçus, aux contraintes de la rĂ©alitĂ© des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques. A l’égard des jeunes gĂ©nĂ©rations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vĂ©cu de telles circonstances, mais qui vous ont Ă©coutĂ© avec ferveur, vous avez toujours Ă©vitĂ© de donner des leçons de morale, ayant vous-mĂȘme trop souffert quand vous Ă©tiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi Ă  l’absence d’engagement. Vous ĂȘtes ainsi devenu une rĂ©fĂ©rence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de dans les derniĂšres annĂ©es de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps mĂ©dical, avec toute sa compĂ©tence, sa patience et son Ă©coute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des annĂ©es de dĂ©portation, les maladies contractĂ©es dans la jungle indochinoise et les djebels algĂ©riens, les consĂ©quences des annĂ©es de campagnes, d’humiliation ou de stress. Pourtant, vous avez dĂ©jouĂ© les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez rĂ©guliĂšrement bon nombre de vos frĂšres d’armes Ă  leur derniĂšre demeure ! LĂ  encore, le mystĂšre de la vie et de la mort vous collait Ă  la puis, aujourd’hui, HĂ©lie, notre ami, vous ĂȘtes lĂ  au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XXĂšme siĂšcle, vous vous ĂȘtes endormi dans la paix du Seigneur en ce dĂ©but du XXIĂšme siĂšcle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprĂšs de Manette et de celles et ceux qui ont partagĂ© l’intimitĂ© de votre HĂ©lie, ĂȘtes-vous rĂ©ellement mort ? Bien sĂ»r, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indĂ©finissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posĂ©e et dĂ©terminĂ©e ! Nous savons aussi que, lors de nos prochaines Ă©tapes Ă  Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera ! Nous savons aussi que vos Ă©crits sont dĂ©sormais achevĂ©s !Mais, HĂ©lie, Ă  l’instar de tous ceux qui sont ici prĂ©sents, nous avons envie nous Ă©crier, comme cet Ă©crivain français Mort, oĂč est ta victoire ? »Mort, oĂč est ta victoire, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ?Mort, oĂč est ta victoire, quand on n’a cessĂ© de frĂŽler la mort, sans jamais chercher Ă  se protĂ©ger ?Mort, oĂč est ta victoire, quand on a toujours Ă©tĂ© aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manquĂ© Ă  son devoir ?Mort, oĂč est ta victoire, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrĂȘme limite de leur cohĂ©rence, sans jamais dĂ©faillir Ă  son honneur ?Mort, oĂč est ta victoire, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejetĂ© et que l’on est toujours restĂ© fidĂšle Ă  soi-mĂȘme ?Mort, oĂč est ta victoire, quand aprĂšs avoir vĂ©cu de telles Ă©preuves, on sait rester humble, mesurĂ© et discret ?Mort, oĂč est ta victoire, quand son expĂ©rience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des Ă©poques, des circonstances et des passions et sert de guide Ă  ceux qui reprendront le flambeau ?Mort, oĂč est ta victoire, quand aprĂšs avoir si souvent Ă©voquĂ© l’absurde et le mystĂšre devant la rĂ©alitĂ© de la mort, on fait rĂ©solument le choix de l’EspĂ©rance ?HĂ©lie, notre frĂšre, toi qui a tant prĂŽnĂ© l’EspĂ©rance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dĂ» chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont prĂ©sents pourraient entonner Ce n’est qu’un au revoir, mon frĂšre ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons HĂ©lie ! Oui, nous nous reverrons » !Oui, HĂ©lie, oui, nous nous reverrons Ă  l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vĂ©ritĂ© !A Dieu, HĂ©lie
.A Dieu, HĂ©lie et surtout merci ! Merci d’avoir su nous guider au milieu des champs de braise ! » Dieu, veille sur ceux qui mettent leur espoir en ton amour ! » Les gouttes d’amourNe vous imaginez pas que l’amour, pour ĂȘtre vrai, doit ĂȘtre dont on a besoin, c’est de continuer Ă  une lampe brille-t-elle, si ce n’est pas par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ?Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, il n’y aura plus de l’époux dira Je ne te connais pas. »Mes amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ?Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours la joie, la gĂ©nĂ©rositĂ©, les petites paroles de bontĂ©, l’humilitĂ© et la patience, simplement aussi une pensĂ©e pour les autres,notre maniĂšre de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’ les vĂ©ritables gouttes d’amour qui font brĂ»ler toute une vie d’une vive cherchez donc pas l’amour au loin ;il n’est pas que lĂ -bas, il est en bien la lampe et vous le Teresa Textes pour cĂ©lĂ©brer Accueil FrĂšres et sƓurs,notre monde a tant besoin d’espĂ©rance !L’Évangile est Bonne Seigneur ouvre un chemin,il est porteur d’espĂ©rance pour encore, c’est lui qui nous rassemble,tournons-nous vers lui avec confiance. Litanie pĂ©nitentielle Seigneur JĂ©sus, nous croyons en toimĂȘme si parfois notre foi est pitiĂ© de nous ! Ô Christ, nous te servons en servant les autresmĂȘme si parfois nous restons repliĂ©s sur pitiĂ© de nous ! Seigneur JĂ©sus, nous veillons en attendant ton retourmĂȘme si parfois nous manquonsde constance et de pitiĂ© de nous ! Temps de la Parole LIVRE DE LA SAGESSE Sg 18, 6-9C’est l’amour de Dieu qui transforme et rend fort. C’est en effet parce qu’ils ont cru aux promesses de Dieu que les HĂ©breux n’ont pas Ă©tĂ© pris Ă  l’improviste au cours de la nuit de la dĂ©livrance pascale. PSAUME 32 LETTRE AUX HEBREUX 11, 1-2. 8-19Il est recommandĂ© de prendre la lecture entiĂšre. Dans un premier temps, elle nous invite Ă  regarder vers Abraham qui a Ă©tĂ© la figure par excellence de tout un peuple qui a marchĂ© dans la foi. Dans un second temps, il est rappelĂ© que c’est la foi qui doit soutenir la vigilance. ÉVANGILE SELON SAINT LUC 12, 32-48 HomĂ©lieTextes bibliques Lire En ce mois d’aoĂ»t, les lectures bibliques nous invitent Ă  mĂ©diter sur l’attente de la venue du Seigneur. Nous ne devons jamais oublier qu’il est toujours fidĂšle Ă  ses promesses. Cette bonne nouvelle, nous la trouvons tout au long de la Bible. Elle doit ĂȘtre pour chacun de nous source d’espĂ©rance et de joie. Pour comprendre la 1Ăšre lecture, il faut se rappeler qu’autrefois, les HĂ©breux Ă©taient esclaves en Egypte. Dieu les a fait “passer” vers la terre de libertĂ©. La PĂąque, c’est prĂ©cisĂ©ment ce passage de la mort Ă  la vie. D’un cĂŽtĂ©, nous avons le sort des HĂ©breux ils sont libĂ©rĂ©s, ils quittent la terre oĂč ils Ă©taient esclaves. Face Ă  eux, c’est le sort dramatique des Égyptiens et du pharaon leur violence s’est retournĂ©e contre eux ; le pouvoir oppresseur les a entraĂźnĂ©s vers la mort. En faisant le choix de la violence et de l’oppression, ils ont provoquĂ© eux-mĂȘmes leur mort. Toutes les dictatures finissent ainsi. La bonne nouvelle, c’est cette rĂ©vĂ©lation de Dieu libĂ©rateur. DĂ©sormais, son peuple sera celui de la nuit pascale en marche vers la lumiĂšre. Ce texte du livre de la Sagesse a Ă©tĂ© Ă©crit bien plus tard pour des croyants tentĂ©s par le doute. En leur rappelant les merveilles que Dieu a accomplies dans les temps anciens, il veut raviver leur espĂ©rance. Les croyants ne doivent jamais perdre de vue le but de leur vie. La joie finira par l’emporter sur la peur. La vie vaincra la mort. La lettre aux HĂ©breux 2Ăšme lecture se prĂ©sente prĂ©cisĂ©ment comme un Ă©loge de la foi des patriarches. Ces ancĂȘtres sont un exemple pour les croyants. “La foi est une façon de possĂ©der ce que l’on espĂšre, un moyen de connaĂźtre ce que l’on ne voit pas”. Tous les grands personnages d’IsraĂ«l ont Ă©tĂ© portĂ©s par cette foi. Ils Ă©taient “tirĂ©s en avant pour un avenir mal connu”. Avec le Christ, nous sommes des voyageurs Ă  la recherche d’une patrie. Lui-mĂȘme nous a dit qu’il est “le Chemin, la VĂ©ritĂ© et la Vie. Personne ne va au PĂšre sans passer par lui. C’est lĂ  une bonne nouvelle qui doit raviver la foi des croyants affrontĂ©s au doute, Ă  l’indiffĂ©rence et Ă  la persĂ©cution. Dans l’Évangile de ce dimanche, JĂ©sus nous recommande de rester Ă  “l’heure de Dieu”. Il insiste trĂšs fortement sur trois attitudes absolument essentielles veiller, se tenir prĂȘts et servir. Ce sont lĂ  trois verbes bien connus qui risquent d’ĂȘtre dĂ©valuĂ©s. Pour comprendre cet Évangile, il faut connaĂźtre la situation des premiers chrĂ©tiens. Saint Luc a Ă©crit son Évangile aprĂšs PĂąques. Il s’adresse Ă  des chrĂ©tiens affrontĂ©s au doute. Ces derniers ont entendu dire que le Seigneur doit revenir dans la gloire pour nous emmener dans son Royaume. Or le temps passe et rien ne vient. Certains se demandent s’ils ne se seraient pas trompĂ©s. C’est lĂ  qu’il nous faut rĂ©entendre la rĂ©ponse de JĂ©sus. Il nous faut surtout la comprendre dans le contexte d’aujourd’hui. “VEILLEZ !” Oui, nous devons veiller sur nos mots, nos regards, nos gestes de tous les jours, nos lectures, nos loisirs
 Nous connaissons les dĂ©gĂąts provoquĂ©s par une parole malveillante, un regard accusateur ou indiffĂ©rent, un refus de tendre la main ou de serrer dans ses bras un malade en grande souffrance. Le veilleur c’est celui qui se tient debout. “Tenez-vous prĂȘts” nous dit encore JĂ©sus. Il s’agit de se tenir prĂȘts pour aller de l’avant, pour sortir de la routine et des habitudes. Le risque est toujours de dire “On a toujours fait comme ça !” Il nous faut accepter que l’Esprit Saint nous sorte de notre confort et nous conduise sur des chemins que nous n’avions pas prĂ©vus. Le pape François nous invite Ă  aller vers les “pĂ©riphĂ©ries”, celles du chĂŽmage, celles de la solitude, celles des malades abandonnĂ©s par leur famille, celles des migrants qui n’ont plus rien et qui vivent parfois sans leurs enfants. TroisiĂšme consigne “Restez en tenue de service !” Servir c’est le contraire de dominer. Rappelons-nous du geste de JĂ©sus au soir du Jeudi Saint il s’est agenouillĂ© devant ses disciples pour leur laver les pieds. Il s’est toujours refusĂ© de rĂ©pondre Ă  ceux qui voulaient le faire roi Ă  la maniĂšre des hommes. Il nous apprend Ă  servir sans prendre la place des autres, sans dĂ©cider Ă  leur place. C’est important pour nous dans nos familles, au travail, dans nos associations. Nous avons facilement des bonnes raisons de penser que nous savons mieux ce qui est bon pour l’autre. Le serviteur fidĂšle n’est pas celui qui s’impose mais celui qui s’efface pour permettre Ă  l’autre de grandir. L’Eucharistie est vraiment le moment oĂč “Dieu est lĂ  pour nous servir, pour nous faire passer Ă  table”. C’est l’heure oĂč le Fils de l’Homme est glorifiĂ©. Seigneur JĂ©sus, tu nous promets un avenir de joie et de lumiĂšre auprĂšs de toi. Garde-nous vigilants dans l’espĂ©rance, ouverts et accueillants aux signes de l’Esprit Saint. Alors ta venue, loin de nous surprendre, sera notre bonheur pour les siĂšcles des siĂšcles. Amen TĂ©lĂ©charger 19Ăšme dimanche du temps ordinaire Sources Revues Feu Nouveau et Fiches dominicales, Missel communautaire, Pour la cĂ©lĂ©bration Eucharistique Feder et Gorius, lectures bibliques des dimanches A. Vanhoye, Semainier chrĂ©tien PriĂšre universelle Invitation. Ensemble, prĂ©sentons au Seigneur, Dieu de lumiĂšre, toutes les intentions de notre humanitĂ©, de notre Église, de nos communautĂ©s et de nos familles. Refrain Toi qui es lumiĂšre, toi qui es l’amour, mets dans nos tĂ©nĂšbres ton Esprit d’amour. Pistes pour les intentions. Seigneur, donne Ă  tous les responsables de ton Église cette vigilance attentive, toujours prĂ©sente, pour soutenir la marche de tes enfants, Ă  ta suite, dans la foi. R / Seigneur, donne Ă  tous les hommes et femmes de bonne volontĂ© de dĂ©couvrir la vigilance pour transformer ce monde en une terre oĂč l’amour sera toujours plus fort que la haine. R / Seigneur, suscite des hommes et des femmes sachant prendre la tenue de service pour devenir les veilleurs actifs d’un monde plus fraternel et plus humain. R / Seigneur, fais que tous les chrĂ©tiens soient des veilleurs soucieux de communiquer la lumiĂšre de ta Bonne Nouvelle Ă  tous ceux qui marchent dans la nuit. R / ConclusionOui, Seigneur, accueille notre priĂšre pour toute notre humanitĂ© et fais de nous tous des veilleurs dans la foi. Par le Christ, notre Seigneur. Amen “Sois fidĂšle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.” Apocalypse Alexamenos Ă©tait un soldat romain, chrĂ©tien, vivant Ă  Rome au deuxiĂšme siĂšcle aprĂšs Une caricature reprĂ©sente Alexamenos au pied d'une croix, sur laquelle le crucifiĂ© a une tĂȘte d'Ăąne. Une lĂ©gende moqueuse indique Alexamenos adore son dieu. Alexamenos Ă©tait ridiculisĂ© ainsi que celui en qui il croyait le Christ.La fidĂ©litĂ© est une vertu qui ne supporte aucun pourcentage... Ce fidĂšle tĂ©moin de Christ vivait ses derniĂšres heures sous les railleries de ses contemporains. Cependant s'Ă©tant relevĂ©, Alexamenos Ă©crivit juste en dessous de la premiĂšre inscription “Alexamenos le fidĂšle !” A l'heure oĂč des milliers de chrĂ©tiens sont massacrĂ©s, spoliĂ©s, torturĂ©s, en Irak, et dans bien d'autres lieux comme au Centrafrique ou au NigĂ©ria, on peut se demander “mais pourquoi ne renoncent-ils pas ?” Parce qu'ils ont choisi de rester fidĂšles Ă  celui en qui ils ont cru, serait-ce au prix de leur vie ! Certes nous sommes scandalisĂ©s par ces exactions, mais notre terre de France a connu aussi des heures sombres, pour les chrĂ©tiens protestants, avec la Saint-BarthĂ©lemy et les dragonnades. Nous avons tous dans nos mĂ©moires l'histoire poignante de Marie Durand cette jeune protestante enfermĂ©e Ă  l'Ăąge de 18 ans, et pendant 38 ans, Ă  la tour de Constance prĂšs d'Arles. Il lui suffisait de prononcer un seul mot pour ĂȘtre libĂ©rĂ©e “Je renonce” mais elle a choisi de graver dans la pierre un autre mot “RĂ©sister”. Le chapitre 11 de l'Ă©pĂźtre aux HĂ©breux finit par l'Ă©numĂ©ration de tous ceux qui par la foi et pour leur foi, subirent la moquerie, le fouet, les chaĂźnes et la prison ; ils furent lapidĂ©s, sciĂ©s, torturĂ©s ; moururent par l'Ă©pĂ©e
errant dans les dĂ©serts et les montagnes... Ils furent fidĂšles jusqu'Ă  la mort comme le fut leur Seigneur et Sauveur, fidĂšle jusqu'Ă  la mort et la mort de la croix Philippiens La fidĂ©litĂ© est une vertu qui ne supporte aucun pourcentage, on ne peut pas ĂȘtre fidĂšle Ă  50% ou Ă  90%, on ne peut l'ĂȘtre qu'Ă  100 %. Quelle leçon de fidĂ©litĂ© nous donnent ceux qui aujourd'hui sont capables de persĂ©vĂ©rer au milieu de toutes leurs persĂ©cutions ! Quand je vois certains croyants abandonner la communion fraternelle et se dĂ©tourner du Seigneur pour des broutilles de rien du tout, je me demande “Que feraient-ils si leur vie devait ĂȘtre exposĂ©e pour leur foi ?” Une action pour aujourd'hui En pensant Ă  Alexamenos, Ă  Marie Durand et aux milliers d'anonymes qui sont restĂ©s fidĂšles jusqu'Ă  leur mort, vous pouvez ce matin adresser Ă  Dieu cette priĂšre “Seigneur, toi qui as Ă©tĂ© fidĂšle dans l'accomplissement de la volontĂ© du PĂšre, jusqu'Ă  la mort, merci d'ĂȘtre prĂšs de ceux qui sont aujourd'hui, persĂ©cutĂ©s et qu'en ce qui me concerne, aucune des misĂšres que je traverse et qui ne sont rien en comparaison de leurs souffrances, ne viennent Ă  me sĂ©parer de toi.” Citation fraternel SĂ©lection de 6 citations sur le sujet fraternel - Trouvez une citation, une phrase, un dicton ou un proverbe fraternel issus de livres, discours ou entretiens. 1

a la vie a la mort fidele et fraternel